« Iliazd, Poésie de mots inconnus : génétique et auctorialité éditoriales »

Résumé : Lorsqu’il élabore le concept d’« énonciation éditoriale », convoquant aussi bien la sémiologie que la linguistique du discours, la génétique que les pratiques sociales d’écriture et de lecture, Emmanuel Souchier souligne une urgente nécessité : Si nous voulons donner crédit à l’interprétation des textes, il nous faut donc également révéler cette matérialité de la « forme texte » et de ses supports […]. Travail d’historien ou de sémiologue que celui qui consiste à se pencher ainsi sur les couches infra-ordinaires de la communication visuelle, enkystées dans des habitudes de lecture, toutes préoccupées de la dimension linguistique des textes. Dans cette perspective, la critique génétique traditionnelle se doit d’être doublée d’une « génétique éditoriale », afin que la poïétique des textes prenne la dimension matérielle qui, étymologiquement parlant, lui est due. C’est une telle étude que nous souhaiterions proposer concernant Poésie de mots inconnus, publié par le poète et éditeur Iliazd en 1949. On peut en effet considérer cette publication comme une véritable œuvre éditoriale composite. Anthologie de la poésie phonétique et zaoum, elle réunit des poètes et des peintres de l’avant-garde européenne futuriste et dadaïste des années 10 et 20 en rassemblant des textes inédits ou publiés en revue ou en recueil entre 1912 et 1942. Par ailleurs, elle associe à ces textes des « figures gravées sur bois linoléum et cuivre ou lithographiées [qui] sont toutes originales et composées pour cette édition ». Enfin, elle opère, via la sélection anthologique, une relecture de ces avant-gardes dans un but essentiellement polémique : « Ce livre est fait par Iliazd pour illustrer la cause de ses compagnons », et prouver ainsi à Isidore Isou, qui a publié en 1946 La Dictature lettriste et en 1947, chez Gallimard, Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique, qu’il n’est pas le premier lettriste de l’histoire littéraire. Cet article se propose donc de se focaliser sur le péritexte éditorial, le changement matériel du lieu de publication et l’association des poèmes à des « illustrations » bouleversant nécessairement la réception des textes. D’autre part il prête une attention particulière à l’épitexte public, nécessaire pour comprendre la portée d’une telle publication. Quelle valeur attribuer au choix anthologique en tant que geste éditorial polémique ? Comment la mise en forme des poèmes, au travers des différentes maquettes éditoriales, sert-elle le dessein d’Iliazd et révèle-t-elle la dimension orale des poèmes ? Pourquoi et comment le discours théorique sur le langage poétique s’élabore-t-il dans sa confrontation avec les illustrations ?
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Conference papers
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Contributor : Anne-Christine Royère <>
Submitted on : Monday, March 18, 2019 - 12:49:09 PM
Last modification on : Monday, March 18, 2019 - 1:14:35 PM

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Anne-Christine Royère. « Iliazd, Poésie de mots inconnus : génétique et auctorialité éditoriales ». Colloque Seuils de manuscrits, Centre Jacques Petit EA3187 (Elodie Bouygues et France Marchal-Ninosque, Université de Franche-Comté) et le CRLR (Daniel Maggietti, Université de Lausanne), Jan 2013, Besançon, France. ⟨hal-02070999⟩

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