, la morsure canine rend douloureuse la miction car le malade urine des morceaux de chair qui ont l'aspect de chiots. Laguna rationalise : il pense qu'Avicenne s'appuie sur des témoignages de personnes mordues, victimes de visions délirantes dues à la fièvre et à la peur des chiens

, Si le suicide ne s'impose plus c'est aussi que les princes chrétiens savent pardonner et se montrer cléments. Mais l'intérêt de ce passage est que le suicide y est très ouvertement abordé et dans une perspective empathique. Or bien que l'acte existe et donne même lieu à quelques représentations littéraires, la notion semble totalement occultée dans des ouvrages de référence lexicographique : les entrées « matar(se)» et « muerte » chez Covarrubias (1611) et dans le Diccionario de Autoridades (1726), qui pourtant citent si souvent le Dioscoride de Laguna, ne donnent que les acceptions de mort naturelle, homicide, mort civile ou les sens métaphoriques. La transmission de la matière médicinale de Dioscoride continue de se faire jusqu'au XVIII e siècle, voire au-delà, mais pas toujours à travers le nom de Laguna : c'est le cas dans El jardín de flores curiosas 45 , miscellanées pseudo-scientifiques dialoguées d'Antonio de Torquemada (mort en 1569), qui reprend avec exactitude les remèdes de Dioscoride deux fois sur trois. En réalité, Antonio, un des interlocuteurs du dialogue, insiste sur les bienfaits de la création divine, coupant court aux paroles de Luis sur la question de la mortelle ciguë : montrant que rien n'a été conçu qui ne soit profitable à l'homme, il rétorque d'après Dioscoride qu'elle soigne le feu de saint Antoine 46 , et ajoute une application curative d'après un autre médecin antique, Cornelio Celso, alors que Laguna ne développe que l'effet néfaste, toujours actuel. Rien n'interdit de penser que Torquemada connaissait le commentaire de Laguna mais qu'il ne l'a pas retenu car il n'allait pas dans le sens de son propos, Le commentaire à la préface du livre VI consacré aux poisons et venins, s'ouvre sur une réflexion morale qui sert en même temps de justification à tout le chapitre et au travail de traduction 44 . Pour Laguna deux causes rendent nécessaire la connaissance des poisons : premièrement, la méchanceté de l'homme ; deuxièmement, son instinct naturel, insuffisant à le prémunir contre ce qui est nuisible, à l'inverse des animaux, vol.119, pp.120-121

O. Laguna, Il se défend d'aider ceux qui, mauvais de nature, trouveraient dans ces pages les moyens de nuire car les pratiques d'empoisonnement ont toujours existé et, dit-il, « en nuestros días se atosig[an] más fácilmente los hombres que los ratones, p.572

A. Torquemada and O. , , p.427

. Cicuta, . Iv, and . Laguna, , vol.II, p.427

I. Diccionario-de-autoridades, A. Iii, and P. ,

. Par-exemple and E. Entrée, «verás a Dioscórides y allí al doctor Laguna» ou Elecho, «escrive Dioscórides y verás allí a Laguna»; Covarrubias renvoie sans citer ou fait parfois une synthèse