Poétique et politique du corps dans l'œuvre d'Eustache Deschamps
Abstract
Une partie de l’œuvre poétique d'Eustache Deschamps porte sur le bon gouvernement du prince à travers la figure d'un corps qui, parce qu'il est rendu invalide par la dispersion de ses membres et la perte de ses aptitudes, stigmatise les carences, les erreurs et les errements du pouvoir. Dans les textes que nous avons retenus (ballades 252, 387, 388, 398, 958, 978 et 1056), le corps est un topos qui s'adapte à divers discours poétiques. Nous verrons, dans un premier temps, que Deschamps actualise une réflexion juridique sur l'équilibre politique et social avec des idées qui relèvent du gouvernement de la chose publique. Mais, dans un second temps, le didactisme s'efface dans un mouvement de dénigrement, tant morphologique que discursif, qui fausse la dimension symbolique de ce corps et précipite la figure dans la satire et la dérision.